Exemple de projet : Qualité des ressources et choix alimentaire des animaux

Projet : Influence de la disponibilité et de la qualité de la ressource sur les choix alimentaires et les niveaux d’ingestion des chevaux au pâturage. Conséquences pour la gestion des prairies.

Résumé du projet :

Le programme de recherche proposé s’inscrit dans les objectifs suivants des Haras Nationaux :
Mieux produire et élever pour obtenir un cheval sain physiquement et psychiquement, adapté à son utilisation – aspects zootechniques : alimentation et systèmes d’élevage : pâturage
Le cheval, acteur de développement, de diversification agricole et d’aménagement du territoire (aspects environnementaux : contribution du cheval et des systèmes d’élevage à l’occupation et à la mise en valeur de l’espace rural et périurbain, des milieux)  » ; dans le cadre du rôle du cheval dans la gestion durable de l’écosystème prairial (maintien de la valeur de la ressource et de la biodiversité par le pâturage).

Les chevaux utilisent l’herbe comme ressource alimentaire pour près de 70% de leurs besoins en élevage intensif (Martin-Rosset et al 1984), pour près de 100% en élevage extensif, et jouent un rôle de plus en plus important dans la gestion des prairies en milieux sensibles, au sein des réserves naturelles et dans le cadre d’actions agri-environnementales (Putman 1986, Loiseau & Martin-Rosset 1988, 1989 ; Duncan 1992, Girard et al 1992, Lecomte & Le Neveu 1993, Vulink 2001, Binet 2003). Il est donc à déplorer qu’à ce jour, nous ne disposions pas de connaissances de base sur:
les quantités d’herbe ingérées par les chevaux dans les systèmes d’élevage et leurs facteurs de variation, connaissance indispensable pour assurer efficacement la couverture de leurs besoins en fonction de l’objectif d’utilisation (en adaptant par exemple la complémentation).
Les niveaux d’ingestion de matière sèche réalisés par les chevaux sont bien documentés dans le cadre de la distribution ad libitum de fourrages verts ou secs à l’auge (Martin-Rosset & Doreau 1984, Boulot 1987, Chenost & Martin-Rosset 1985, Cymbaluk 1990, Dulphy et al 1997a,b). Chez ces animaux, les besoins de l’individu semblent constituer le facteur prioritaire de régulation des niveaux d’ingestion (ramenés au poids métabolique) (Boulot 1987, Duncan 1992 pour une synthèse). Contrairement à ce qui paraissait établi (Duncan et al 1990), la synthèse bibliographique la plus récente (Mésochina 2000), visant à mesurer l’impact des caractéristiques biochimiques des fourrages sur le niveau d’ingestion volontaire du cheval suggère que les quantités journalières ingérées pourraient être limitées, comme chez les bovins, par la fibrosité. Les données disponibles dans cette synthèse sont nombreuses, mais hétérogènes (plusieurs études, protocoles différents). L’analyse statistique utilisée est rudimentaire (relations ajustées par le biais de modèles linéaires simples et on ne peut exclure le fait que la relation négative mise en évidence entre niveaux d’ingestion et teneur en fibres ne soit qu’un artefact de l’hétérogénéité des données.

Les recherches sur les niveaux d’ingestion au pâturage se sont développées ces dernières années, notamment dans le cadre des deux thèses effectuées aux Haras Nationaux (Mésochina 2000, Fleurance 2003). En prairies naturelles humides (Marais Poitevin), Fleurance et al (2001) et Ménard et al (2002) ont mesuré chez des poulains lourds en croissance des niveaux d’ingestion (145gMS.kgPV-0.75.j-1) comparables à ceux obtenus pour des animaux à forts besoins nourris à l’auge et pour des juments en lactation au pâturage en Camargue (170gMS.kgPV-0.75.j-1 Duncan 1992). Ces niveaux d’ingestion sont néanmoins largement supérieurs à ceux obtenus avec la même méthodologie par Mésochina (2000) (98gMS.kgPV-0.75.j-1), chez des poulains de selle en croissance conduits sur des prairies semées (Corrèze). Ces différences non expliquées soulignent la nécessité d’acquérir de nouvelles données et de développer les recherches concernant les facteurs de variation de l’ingestion au pâturage.

Les déterminants de leurs choix alimentaires au pâturage, information fondamentale à l’utilisation efficace du cheval pour la gestion de l’écosystème prairial.
Le rôle fondamental des grands herbivores dans le fonctionnement des systèmes écologiques n’est plus à démontrer. Le prélèvement important de la végétation qu’ils exercent maintient l’herbe à un stade jeune de développement et freine les mécanismes de succession conduisant à la fermeture des milieux (Davidson 1993). Ainsi, l’arrêt du pâturage résulte à long terme en un appauvrissement de la diversité floristique et faunistique associée (Milchunas et al 1988). De même, une diminution du chargement se traduit rapidement par l’abandon de certaines zones, dans lesquelles se développent des espèces de grande taille difficilement consommables. A l’inverse, une forte intensité de pâturage et le piétinement qui lui est associé favorisent le développement de plantes à rosettes au dépend des autres espèces. Dans le cas du pâturage équin, ces deux processus coexistent en raison de la création de latrines, et de l’aptitude à pâturer ras des chevaux. A l’heure actuelle, les herbivores en pâturage libre sont utilisés de plus en plus largement afin de répondre aux objectifs de conservation. Ce nouveau contexte favorise donc un rapprochement possible entre une fonction productive des milieux concernés et la conservation d’un patrimoine biologique (Duncan & Jarman 1993). L’utilisation des grands herbivores domestiques comme outils de gestion de ces espaces est néanmoins entravée par le manque d’informations de base concernant leurs stratégies d’approvisionnement alimentaire. En effet, une bonne compréhension des facteurs déterminant les relations entre végétation d’une part et ingestion et sélection alimentaire par les grands herbivores d’autre part, est fondamentale pour le développement d’une gestion durable des prairies associant nutrition efficace des herbivores et maintien des valeurs alimentaires et environnementales (Van Wieren 1990).

Exemple de projet : Qualité des ressources et choix alimentaire des animaux- Résulats
Projets majeurs