Exemple de projet : Qualité des ressources et choix alimentaire des animaux- Résulats

Parmi les grands herbivores domestiques utilisant la production végétale des prairies, les chevaux se caractérisent par un comportement singulier d’utilisation du couvert végétal. Ils sélectionnent en effet les hauteurs d’herbe les plus courtes (<4cm, ~70% de leur temps d’alimentation d’après Fleurance et al. 2001, Ménard et al. 2002) et regroupent leurs fèces dans des zones d’herbe haute, plus faiblement utilisées pour l’alimentation. Ces zones sous-exploitées peuvent couvrir 30 à 35% de la surface prairiale (Ödberg & Francis-Smith 1976) et sont généralement rapidement envahies par des espèces végétales nitrophiles compétitives. Comparativement, les bovins sélectionnent des hauteurs d’herbe plus élevées (e.g. bovins : 9-16cm dans Ménard et al 2002). Depuis 60 ans, il est couramment admis que l’utilisation hétérogène des prairies par les chevaux résulterait d’une stratégie anti-parasitaire (Taylor 1954), mais les facteurs explicatifs de ce comportement n’ont jamais été étudiés en profondeur. Plus récemment, il a été montré que la nutrition pourrait jouer au moins autant que le parasitisme dans le choix des sites d’alimentation par les chevaux (Fleurance 2003, Fleurance & al. 2005). En effet, une augmentation de la biomasse végétale s’accompagne généralement d’une diminution de la qualité de la ressource car la végétation mature s’enrichit en fibres structuraux (Van Soest 1982). Les chevaux pourraient donc partager leur temps d’alimentation entre des zones d’herbes rases, où la végétation est maintenue dans de jeunes stades de croissance de bonne qualité, et des zones d’herbes plus hautes où la vitesse d’ingestion est supérieure, ceci afin de maximiser l’assimilation journalière des nutriments. En premier lieu, il paraît donc nécessaire de développer nos connaissances dans ce domaine pour aboutir à un modèle simple de l’influence des facteurs nutritionnels sur l’utilisation des prairies par les chevaux. A plus long terme et à plus large échelle, il sera nécessaire d’intégrer d’autres contraintes importantes pour la sélection alimentaire et l’utilisation de l’espace par les chevaux, comme les stratégies anti-parasitaires, la présence d’abris, d’eau et le comportement des congénères.

Améliorer la connaissance et la prévision de l’ingestion au pâturage, ainsi que mieux comprendre les choix alimentaires des herbivores et leur impact sur le couvert végétal, sont deux enjeux relatifs à la durabilité des systèmes d’élevage utilisateurs d’herbe. Pour la période 2005-2008 (thèse de Nadège Edouard et travail propre de Géraldine Fleurance), et dans le cadre rattaché à ces deux enjeux, les objectifs sont :

d’une part d’améliorer les connaissances concernant l’effet de la quantité et de la qualité de la végétation sur les choix alimentaires et l’assimilation des nutriments par les chevaux,
d’autre part d’étudier, dans des situations contrastées de disponibilité et de qualité de la ressource via l’utilisation de différents chargements, comment les chevaux adaptent leur comportement alimentaire pour maintenir la quantité et la qualité de l’alimentation au cours de la saison de pâturage. Les conséquences zootechniques (capacité d’adaptation des animaux) et environnementales (diversité floristique) seront évaluées.
un effort particulier sera porté dans le cadre de ce projet de recherches sur l’élaboration de documents de transfert de ces connaissances aux éleveurs et utilisateurs : fiches techniques, articles dans la revue ‘Equ’idée’ éditée par les Haras Nationaux, Journée de la Recherche Equine, plaquette et contributions au site web. Le moment est opportun pour effectuer ce travail, car les connaissances nouvelles sur l’utilisation de l’herbe par les chevaux n’ont pas encore été suffisamment diffusées au monde professionnel.

Exemple de projet : Qualité des ressources et choix alimentaire des animaux
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