Sites d’études : Marais Poitevin et Ile de Ré

Le Marais Poitevin

Le site d’étude du Marais Poitevin (211 km2), situé au-dessus de la Rochelle et limité au nord par la Baie de l’Aiguillon, se caractérise essentiellement par des zones intensives de cultures telles que blé, orge et maïs. Il existe cependant un large réseau de canaux, liés à l’exploitation agricole, qui permet très certainement au Busard des roseaux d’être présents en bonne densité et de se reproduire sur ce site, contrairement à la zone Atelier de Chizé où seuls quelques individus sont aperçus chaque année. Dans le Marais Poitevin, la population de busards se trouve cependant en densité plus faible que dans le Marais de Brouage, niche principalement dans le blé et se nourrit essentiellement de campagnols, comme son voisin, le Busard cendré Circus Pygargus. Bien que plus précoce que le Busard cendré en termes de phénologie de reproduction, des moyens de protection humains (i.e. carrés de grillage 2×2 m) doivent être mis en place sur le Marais Poitevin pour prévenir le fauchage des jeunes sur le nid durant les moissons. Pour le Busard des roseaux, le Marais Poitevin n’apparait donc pas, contrairement au Marais de Brouage et au Marais de Rochefort, comme un milieu naturel, mais comme un milieu complètement anthropisé et agricole.

L’Ile de Ré

L’île de Ré, faisant face à la Rochelle, s’étend sur 85 km2 et se compose principalement de grandes friches utilisées pour la conchyliculture, l’aquaculture et l’élevage. Les nombreux marais salants encore en activité sur l’île créent également un réseau de bosses très favorable à la nidification du Busard des roseaux et c’est dans ce genre de milieu que la population niche principalement sur l’île. Il est cependant à noter que quelques couples ont été trouvé nicheurs en forêt, habitat pour le moins atypique chez le Busard des roseaux. Le régime alimentaire de ces oiseaux sur l’île de Ré est ‘intermédiaire’ à celui de ceux du Marais de Brouage et du Marais poitevin, se composant principalement de lapins Oryctolagus cuniculus, espèce proie proliférant sur l’île, mais également d’insectes, passereaux, reptiles et poissons. Sur ce site d’étude, la densité de Busard des roseaux est assez faible, l’île comptant en moyenne une vingtaine de couples chaque année, mais la population semble stable. Ce site permets en particulier d’étudier une population insulaire de l’espèce, mais également d’étudier les échanges éventuels de population en île et continent.

Sites d’études : Marais de l’ouest et Marais de Rochefort

Les Marais de l’ouest

Le département de la Charente-Maritime, situé dans la région Poitou-Charentes, non loin du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, est un département clé pour l’étude du Busard des roseaux Circus aeruginosus. En effet, ce département regroupe quatre sites d’études (i.e. le Marais de Brouage, les Marais de Rochefort, le Marais poitevin et l’Ile de Ré; variant très largement en termes de type de milieux et d’habitat disponibles pour la reproduction du Busard des roseaux, mais également en termes de disponibilité alimentaire, et présentent l’avantage de n’être situés qu’à quelques dizaines de kilomètres les uns des autres. Par ailleurs, les différentes populations de Busard des roseaux résidant sur ces sites sont sédentaires. Les caractéristiques particulières de ces différents sites ainsi que la faible distance qui les sépare, et la présence de l’espèce tout au long de l’année, permettent de mettre en place une étude comparative de la biologie de reproduction de cette espèce, au statut vulnérable.

Les Marais de Rochefort

Les Marais de Rochefort se situent entre les villes de Rochefort et La Rochelle (46°038 N – 0°98W) et couvrent une superficie de 182 km2. Ces marais humides, situés au Nord du Marais de Brouage, dans sa continuité, et séparés uniquement par la Charente, se rapprochaient beaucoup du type de milieux présent dans le Marais de Brouage. Cependant, depuis quelques années, ces marais ont été soumis à l’anthropisation et sont de plus en plus transformés en zone de culture, avec notamment l’apparition de nombreuses parcelles de céréales, essentiellement blé ou maïs. Les Marais de Rochefort présentent donc, à l’heure actuelle, une dichotomie entre parcelles agricoles et prairies (ou friches). Dans ces marais, la population de Busard des roseaux niche principalement dans des prairies ou friches, et se retrouve également dans les quelques patchs de roselières encore disponibles dans le milieu, mais toutefois en plus faible densité que dans le Marais de Brouage. Par ailleurs, la population se nourrit de proies très diverses, comme dans le Marais de Brouage, mais avec une proportion beaucoup plus grande de micromammifères et en particulier de campagnols Microtus arvalis, présents dans les parcelles agricoles avoisinantes. Les Marais de Rochefort apparaissent donc, pour le Busard des roseaux, comme une zone mixte entre milieu naturel et culture.

Sites d’études : Marais de Brouage

Le Marais de Brouage (45°53 N – 1°07 W) est une zone humide faisant partie des Marais de l’Ouest.

D’une superficie d’environ 120 km2, ce dernier est situé à quelque 30 km au sud de La Rochelle, entre les estuaires de la Charente au nord et de la Seudre au sud, faisant face à l’île d’Oléron. Celui-ci se présente comme un marais très morcelé composé d’un microrelief de creux inondables et de bosses (jas), ainsi que de nombreuses zones de prairies naturelles (90 %) et quelques zones de cultures (blé, maïs) et de friches.

Au niveau floristique, sur les bossis et les marais plats, ce sont les graminées qui prédominent alors que dans les creux se trouve une végétation diversifiée telle que des hélophytes, essentiellement le Phragmite Phragmite australis et le Scirpe maritime Scirpus maritimus.
La présence de cette végétation particulière fait, du Marais de Brouage, une zone humide par excellence parsemée de nombreuses petites zones de roselières permettant à une large variété d’espèces de vivre et de se reproduire, comme de nombreux amphibiens et reptiles (notamment la Cistude d’Europe Emys orbicularis), ou bien encore des mammifères (Loutre d’Europe Lutra lutra).

Ce milieu abrite également une avifaune très diversifiée avec plus de 300 espèces observées, et notamment le Busard des roseaux (Circus aeruginosus). Ce rapace, inféodé aux zones humides, se retrouve en densité particulièrement élevée dans le Marais de Brouage, où une centaine de couples se reproduit tous les ans, et en est devenu un des emblèmes.
Malheureusement, comme la majorité des zones humides en France, le Marais de Brouage est de plus en plus soumis à la mise en culture des terres et il est de prime importance de protéger ce milieu.

Modèles d’études : Les busards en Poitou-Charentes

Busard des roseaux, Busard Saint-Martin et Busard cendré

Les busards sont des rapaces diurnes du genre circus. Le Busard des roseaux, le Busard Saint-Martin et le Busard cendré sont les 3 espèces de busards nicheuses en France (dont Poitou-Charentes) parmi les 14 espèces de busards existantes. En France, les effectifs nicheurs sont estimés à 1600-2200 couples de Busard des roseaux, 7800-11200 couples de Busard Saint-Martin et 3900-5100 couples de Busard cendré. En Poitou-Charentes, le Busard Saint-Martin et le Busard des roseaux sont sédentaires tandis que le Busard cendré est un migrateur transsaharien hivernant en Afrique (de septembre à avril).

Les busards présentent un fort dimorphisme sexuel :
la femelle est en général plus sombre (brun) que le mâle (gris chez le Busard cendré et le Busard Saint-Martin, gris ou brun chez le Busard des roseaux). Ces espèces nichent directement au sol. Le Busard des roseaux niche principalement dans les roselières mais également dans des milieux plus secs comme les champs cultivés ou les friches.

Le Busard Saint-Martin et le Busard cendré choisissent principalement les champs cultivés (céréales à paille, luzerne et ray-grass) ou encore les praires naturelles des marais charentais. L’appariement des busards se caractérise par de spectaculaires parades nuptiales. La construction du nid (relativement rudimentaire) et la couvaison sont assurées par la femelle tandis que le mâle pourvoie au nourrissage de la femelle et des jeunes durant la majeure partie de la reproduction.

Le Busard des roseaux est un prédateur généraliste alors que le Busard cendré est un prédateur spécialiste du campagnol des champs et le Busard Saint-Martin se nourrit également principalement de micromammifères. Les busards sont caractérisés par leur stratégie de chasse qui consiste repérer leur proie de manière visuelle et auditive en volant lentement et à faible hauteur au dessus du sol.

Etant donné leur milieu de reproduction, les busards sont soumis à de fortes pressions anthropiques. Les Busard cendré et Saint-Martin nichant en milieu cultivé subissent notamment la moisson en fin de reproduction. Afin d’éviter la destruction des nichées n’étant pas arrivées à terme (envol des jeunes), d’importants dispositifs et efforts de protection des nids sont mis en place par le CEBC.

Ces 3 espèces font l’objet d’un suivi approfondi dans les marais charentais, le marais Poitevin et la Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre en Poitou-Charentes. En effet, étant donnés leur forte présence en Poitou-Charentes, leur statut de protection, leur habitat très anthropisé, leurs stratégies particulières de reproduction et d’approvisionnement en nourriture, les busards constituent des modèles d’étude très pertinents pour étudier l’écologie d’espèces prédatrices en écosystème anthropisé.

Sites d’études : Les iles

Les îles représentent des laboratoires expérimentaux depuis Darwin, mais aussi des enjeux de conservation prioritaires. Les communautés insulaires sont particulièrement vulnérables face au problème d’extinction car les îles sont de superficies restreintes et les tailles de population souvent modestes; ainsi les changements environnementaux peuvent être brutaux et affecter l’ensemble de la population qui, souvent, a perdu une part de ses mécanismes de défense contre les prédateurs ou les parasites.

Alors que les îles représentent moins de 2% des surfaces émergées, près de la moitié des espèces d’oiseaux menacées d’extinction aujourd’hui sont insulaires; 11 des 16 espèces d’oiseaux éteintes au 20ième siècle se reproduisaient dans les îles, tropicales pour la plupart. Pour ce qui concerne les oiseaux, 218 sites ont été identifiés sur la planète comme particulièrement importants en terme d’endémicité; parmi eux, 77% appartiennent à la zone tropicale, et 48% sont constitués par des îles.

Une part prépondérante de la biodiversité est donc abritée par les îles tropicales. Chacun des DOM-TOM de la zone tropicale (excepté Wallis & Futuna) est d’ailleurs pour les oiseaux une zone d’endémicité reconnue. Dans ce contexte, nous travaillons depuis de nombreuses années sur l’avifaune des îles, qu’il s’agisse des oiseaux marins ou terrestres.

– Santo Antao, au Cap Vert ; plusieurs espèces de pétrels rarissimes se reproduisent sur cette île
– Pterodroma leucoptera, un taxon endémique d’un ilôt au large de l’australie. La population mondiale y est
de 1000 couples
– Un ilôt corallien du Vanuatu
– L’ilôt le plus nordique du Vanuatu est colonisé par des milliers de couples d’oiseaux marins

La France a une responsabilité très importante en terme de conservation du milieu marin. En effet, la Zone Economique Exclusive (ZEE) française est la deuxième plus importante au monde avec plus de 10 millions de km² et représente 8% des ZEE mondiales. Sur ces 10 millions de km², plus de 5 millions se situent par exemple autour de la Polynésie Française.

Ce territoire immense est d’une importance écologique capitale dans tous les domaines, notamment en ornithologie puisqu’il se situe dans l’aire de répartition (reproduction et/ou migration) de pratiquement toutes les espèces d’oiseaux marins pélagiques, comme les Procellariiformes (ou pétrels), du Pacifique.

Zone Ateliers plaines céréalières et Savanes africaines

Zone Ateliers plaines céréalières

Ce site d’étude a une vocation explicite de Zone Atelier de par sa taille et la durée des suivis à long terme, et associant des équipes de recherche et des partenaires opérationnels autour d’une problématique scientifique commune.
Cette organisation de la recherche autour d’un territoire de grande dimension permet de croiser les disciplines scientifiques écologiques, agronomiques, sociales et économiques des équipes impliquées, ainsi que différentes approches (modélisation, analyse des données, enquêtes socio-techniques et sociologiques).
La mutualisation des moyens s’en trouve renforcée par l’existence au cœur de la zone de la station de terrain du laboratoire CNRS-Chizé et de l’Observatoire de Recherche en Environnement de Lusignan (INRA).

Savanes africaines Programme HERD Hwange Environmental Research for Development

Objectifs
Contribuer à la compréhension du fonctionnement et de la dynamique des écosystèmes de savanes
Transformer les problème de gestion en questions de recherche et faciliter les prises de décisions pour la gestion
Construire une procédure de suivi basée sur des indicateurs pour permettre une gestion adaptée; et faire de l’écosystème de Hwange un modèle de recherche, et un observatoire environnemental clé a long terme
Former de jeunes chercheurs et des gestionnaires, Zimbabwéens et Européens (personnel du Parc et étudiants)

Le programme de recherche à long terme se compose de 3 thèmes interconnectés. Ce programme est financé par l’Agence National de la Recherche, le CNRS, l’ambassade française au Zimbabwe, le CIRAD, la FRB, l’Université Lyon 1 et l’Université Paris 6

Présentation des sites d’études

L’équipe AGRIPOP travaille sur une large gamme de sites et modèles animaux, pour répondre à différentes questions scientifiques ;
cet éventail permets une approche comparative puissante. Elle nous permet aussi de trvailler sur un gradient de perturbation anthropique sur les écosystèmes.

Le site d’étude le plus important est celui de la Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre, mais nous travaillons également
sur plusieurs autres sites de la Région Poitou-Charentes; en milieu tropical nous participons aux recherches en Afrique Hwange Environmental Research for Development (Zimbabwe) et travaillons sur plusieurs îles tropicales.

Les sites d’études :

  • Plaine Val de Sèvre
  • Région Poitou-Charentes
  • Hwange

Les modèles :

  • Busards en Poitou-Charentes
  • Outarde canepetière
  • Insectes ressources