Contexte et perspectives

Introduction

L’écologie, la science qui analyse les relations entre individus, populations, espèces ou communautés et leur environnement (biotique et abiotique), est sans conteste aujourd’hui la discipline phare et centrale (ce qui ne veut pas dire unique pour autant) et la mieux à même d’interpréter les effets du changement global de l’environnement sur les organismes. L’action de l’homme entraîne des évolutions de la distribution et de l’abondance des animaux ou des plantes bien plus rapides que par la plupart des mécanismes naturels, fournissant donc des conditions quasi-expérimentales pour les recherches dans ce domaine, mais posant également des questions à la société, notamment sur la conservation de la biodiversité, et plus généralement sur le rôle de la biodiversité dans le fonctionnement des anthropo-systèmes.

Dans ce cadre nous avons lancé un programme de recherche-action ‘Agriculture Durable et Biodiversité’ (en partenariat avec l’INRA) sur la Zone Atelier Plaine & Val de Sèvres. L’ensemble forme un programme de recherche très ambitieux qui vise à concilier agriculture et environnement dans un cadre de gestion durable des ressources naturelles, en identifiant des systèmes de culture innovants dans les agro-écosystèmes céréaliers, permettant de satisfaire les besoins socio-économiques et la préservation de la biodiversité sous toutes ses facettes (patrimoniale, ordinaire et fonctionnelle). Notre objectif sociétal est d’aider à l’identification et à la mise en œuvre d’une agriculture alternative au modèle actuel, un objectif à la fois ambitieux et assez finalisé, mais qui prend toute sa place dans une Zone Atelier.

Projet scientifique

Du point de vue écologique, un agro-écosystème est un habitat discontinu dans l’espace (du fait de la topographie des parcelles agricoles) et dans le temps (rotation des cultures). Or du  » point de vue  » des organismes qui vivent dans ces écosystèmes, cette discontinuité est stochastique (au moins pour les espèces de petite taille telles que les proies des prédateurs supérieurs). Stochastique ne veut pas dire pour autant complètement imprédictible, car la matrice paysagère est (en partie) structurée par les fragments pérennes (haies, prairies, etc.) et l’assolement des parcelles est soumis à des rotations culturales. Nous formulons donc l’hypothèse générale que la chaîne trophique dans les agroécosystèmes céréaliers (particulièrement aux niveaux inférieurs) possède une dynamique prédite et expliquée par les théories des Méta-communautés et celle des Méta-populations. A ce titre, nous prédisons que les habitats pérennes ont une forte influence dans les processus de dispersion/colonisation. Et nous testons expérimentalement, grâce aux contrats agri-environnementaux, cette prédiction en manipulant, à l’échelle des paysages, la proportion de milieux prairiaux dans les territoires.

Notre projet est structuré autour de quatre idées forces déclinées comme questions de recherche allant graduellement d’objectifs très fondamentaux à très finalisés :
Les agro-systèmes sont ils des écosystèmes ?
Comment sont structurées spatialement et temporellement les populations et les communautés ?
Comment pérenniser, optimiser et valoriser les services écologiques dans les agro-écosystèmes ?
Comment conserver et gérer la biodiversité dans les agro-écosystèmes ?

Nous avons ainsi l’ambition de balayer un ensemble de problématiques alliant des approches ou des questionnements très théoriques (mais fondamentaux dans l’objet qui nous préoccupe) à des applications très concrètes pour la société.